Des Histoires qui n'en sont pas...

Ces textes, quoi qu'influencés par ma manière de penser, vivent par eux-même.

Ce sont les mots qui m'ont directionnés soit par leurs musicalités, soit par leurs évidences à apparaître à tel ou tel moment.

Vouloir absolument aller dans une direction sans tenir compte de cela amène à se retrouver en face d'une page blanche.

Etre devant une page blanche, cela demande un effort considérable.

En effet le blanc marié au vide remplissant l'espace attire toutes les convoitises.
Une bonne idée va peut-être apparaître dans un coin, cela serait dommage de la louper.
J'en connais qui sont restés des années devant une page blanche de peur de ne pas vivre
cet instant magique ou l' idées s'enroule autour du stylo pour mieux venir danser sur la feuille.

Les espaces blanc entre les caractères prennent forme et se mettent en place pour réceptionner les mots qui, eux-même 

vont faire en sorte de se positionner de façon à ce que leurs présences soient compréhensibles par tout un chacun.

Pour bien comprendre le phénomène de la page blanche, une simulation de cette dernière se trouve ci-dessous.

Prenez votre temps, laissez vos émotions vous guider, découvrez tout ce qui aurait pu être sur cette page,
et surtout tout ce qui ne s'y trouve pas.

Cette simulation n'est pas indispensable pour la bonne compréhension des textes suivants, en même temps je pense 

que cela peut être utile pour s'immerger dans le monde de l'absurde.

La banquise

La banquise se meurt. La banquise se meurt.
Semeur de mort, le réchauffement climatique invite les derniers ours blanc à prendre conscience qu'il est temps pour eux d'abandonner leur banquise.
Le dernier petit carré de banquise encore habitable ne le sera plus pour longtemps.


Fletibarlaoui fait partie des derniers ours blancs qui habitent le dernier petit carré de banquise.
Fletibarlaoui n'a pas attendu l'invitation de Réchauffement Climatique pour se mettre au courant des conséquences néfastes que pourraient déclencher son pote, son ami, Réchauffement Climatique.

La vie est dure, parfois.

Fletibarlaoui et Réchauffement Climatique se connaissent depuis toujours.
Ils ont grandi ensemble, draguer les mêmes filles et maintenant Fletibarlaoui devrait abandonner sa banquise parce que son meilleur pote l'y invite.

« Eh, Fletibarlaoui, je t'invite.....
Je t'invite à te casser ! »

La banquise se fond tandis que Fletibarlaoui se morfond.

Que faire ? Rester ? Partir ?
Fletibarlaoui se rend bien compte qu'il ne reste plus beaucoup de temps avant que le dernier petit carré de banquise ne fonde.

Que faire ? Rester ? Partir ?
Trop tard ! Le dernier petit carré de banquise fond à une vitesse hallucinante comme prit dans un tourbillon.

C'est à ce moment là que Réchauffement Climatique se lève et commande un deuxième café.


« Et vous me mettrez 2 sucres, s'il vous plaît, cette fois...
...un sucre ça fond trop vite.

Impressionné !

Impressionné par ces mots qui, à la base doivent dire, expliquer, informer, détailler pour qu'une compréhension puisse s'installer.
Les mots sont là pour que l'on puisse s'approcher d'une vérité.
Une vérité temporaire, de l'instant présent, car demain, une vérité peut être un mensonge. 

Un mensonge qui dit la vérité. Mais bon, ça c'est demain.

Impressionné, disais-je, par ces mots qui prouvent le contraire de ce qu'ils expriment.

IMPRESSIONNANT !

Vous voulez un exemple ?
Non ?
Et bien tant pis, je vous le donne quand même.

Pas plus tard qu'il y a très longtemps, je tombe sur une bande dessinée.Si je tombe dessus, c'est qu'elle était parterre. Parce qu'en ce temps là, le 7ème Art était décrié, et une BD n'avait pas sa place dans une bibliothèque.
Elle était tolérée, parterre, dans un coin. Accessible, mais pas trop quand même.

« Tu ferais mieux de lire des vrais livres, comme ça tu te coucherais le soir un peu moins bête. »

A force d'entendre ça, je me suis dit que dorénavant, je lirais des BD la nuit, dans mon lit.
Et je me suis vite rendu compte qu'en ne lisant pas de vrais livres la journée, je ne me couchais pas moins bête.
Par contre, en lisant des BD la nuit, je me réveillais plus intelligent.
Comme quoi...

Ce qui me permet de poursuivre l'explication de mon exemple, vu que je viens d'écrire dix lignes de texte pour réhabiliter un tant soit peu le sérieux des informations que l'on peut trouver dans une bande dessinée.

Donc, après être tombé dessus, je commence à la lire, et je m'en rappelle bien, c'était à la page 44. En fait c'était la première page que j'ai lue, j'adore commencer les BD par la fin.
Et en ce temps là, oui, car je vous rappelle que tout ce que je vous raconte là, c'était pas plus tard qu'il y a très longtemps, donc en ce temps là, il y avait toujours 44 pages dans un album BD.
Et sur cette 44ème page, il y avait une vérité implacable qui m'a bouleversé.

Il y avait un mot qui prouve le contraire de ce qu'il exprime.

Le mot COURT, qui est plus long que le mot LONG.

Impressionnant Non ?

La météo

Il prit délicatement entre son pouce et son index la lettre que lui tendait nerveusement Madame Chappuis.

Ses doigts longs et épais recouvraient l'adresse.

Ses mains sentaient encore la terre fraîche et humide du matin, qu'il avait malaxer pour se faire une idée précise du temps qu'il allait faire ces deux prochains jours.

Madame Chappuis, tout en nettoyant ses lunettes qui dégoulinait encore de l'orage qu'elle venait de traverser pour se rendre à la poste, remercia le postier pour ses prédictions météo, qui s'avéraient toujours exactes.

Le postier souligna quand même le fait qu'elle ne le croyait jamais.

Cette remarque agaça Madame Chappuis. C'est pourquoi elle rétorqua du tac au tac : - Vous pourriez quand même vous laver les mains avant de commencer à travailler.

C'est vrai, quoi ! J'ai passé du temps à écrire cette lettre et je n'ose pas imaginer toutes les suppositions que le destinataire va bien pouvoir se faire en découvrant dans sa boîte aux lettres une enveloppe pleine de terre.
A quoi cela aura t'il servit que je prenne la peine de peser, de soupeser chaque mot pour être sûr qu'ils soient adéquats, qu'ils se trouvent à la bonne place.
Que chaque mots soie un soleil pour souligner l'importance du mot suivant, qui lui-même va peut-être faire office de parapluie pour protéger le sens de la phrase.

- Madame Chappuis, je vous ai déjà dit que l'enveloppe n'avait pas d'importance.
Et si vraiment ça vous pose un problème, mettez vous aux SMS.

Ah, vous envoyez aussi les SMS ?

Non, vous faites ça tranquillement depuis chez vous.

Vous pouvez pas le faire pour moi ?

Mais Madame Chappuis, vous croyez quoi ? Avec les gros doigts que j'ai, j'arrive pas utiliser un clavier de smartphone.

C'est pas pour rien que je malaxe de la terre de mon jardin tous les matins, pour être au courant de la météo.

So 6

Suite...